Le syndrome de fatigue chronique est une maladie des plus mystérieuses : ses causes sont méconnues, tout comme la manière d’en guérir. Une personne sur cinq qui consulte un médecin dit vivre une grande fatigue. Or, le syndrome en question se caractérise non seulement par la fatigue chronique, mais aussi par d’autres symptômes, comme des douleurs musculaires et articulaires. Qui plus est, tous ces symptômes surviennent sans que le médecin puisse les relier à une maladie quelconque. Parfois, un événement déclencheur est identifié (une infection virale, un choc psychologique). Il est fort probable qu’il n’y ait pas une cause unique, mais plutôt une combinaison de facteurs physiologiques et psychologiques. Parfois, la maladie fait suite à une infection virale, comme une grippe, une bronchite, une hépatite ou une mononucléose infectieuse. On a longtemps soupçonné le virus Epstein-Barr, un virus qui cause la mononucléose infectieuse, d’être responsable de cette maladie. Actuellement, il n’y a aucune certitude sur le rôle que peut jouer ce virus dans le développement du syndrome de fatigue chronique. Une autre hypothèse peut venir d’une déficience du système immunitaire (qui peut d’ailleurs être provoquée par certaines infections virales) parce que des anomalies du système immunitaire sont parfois observées chez les patients. Pourtant, une synthèse d’études publiée en 2003 conclut qu’à ce jour, aucune anomalie du système immunitaire n’a été clairement identifiée. Chez certaines personnes, la maladie peut survenir brutalement après un traumatisme physique ou psychologique (opération chirurgicale ou perte d’un parent proche). Ces mêmes stress ont d’ailleurs tendance à faire réapparaître les symptômes chez les personnes qui ont déjà été diagnostiquées atteintes du syndrome.
Une maladie vieille comme le monde
Bien qu’on trouve des références au syndrome de fatigue chronique jusque dans les années 1750, ce n’est qu’en 1988 qu’il a formellement été reconnu en tant que maladie. Plus de 1 000 noms ont déjà décrit cet état (certains sont encore couramment utilisés), dont la neurasthénie, le syndrome postviral, l’encéphalomyélite myalgique ou encore le syndrome des yuppies (pour « Young Urban Professionals », puisqu’il frappe surtout à la jeune trentaine). Le syndrome de fatigue chronique évolue de manière fort variable. Ses manifestations les plus aiguës durent en général deux ans et peuvent revenir de manière cyclique. Les symptômes ont tendance à diminuer avec le temps. Peu de sujets guérissent complètement, mais progressivement, la majorité retrouve une bonne partie de ses capacités. Un faible nombre peut devenir invalide ou souffrir d’une dépression majeure. Près d’un million de personnes souffrent de cette maladie aux Etats-Unis. On souhaite à Ricky de s'en remettre au plus vite.
Par Stéphan Legrand, correspondant Moto Verte aux Etats-Unis (avec passeportsante.net)