Comment as-tu vécu ces premières Nations en tant que spectateur ?
C’est toujours un peu difficile au début mais une fois que c’est parti, ça va. Ça a été encore une belle réussite même si pour moi, ça n’a pas été aussi grand qu’en Angleterre. L’année dernière, il y avait plus de spectateurs et l’ambiance était incroyable. C’est une bonne chose pour les pilotes européens d’avoir à nouveau un gros Motocross Des Nations aux USA.
Après le forfait de Strijbos, tu as été contacté pour rouler ?
Joël Smets m’avait demandé en juillet si j’étais intéressé pour rouler aux Nations. Je lui avais dit non. Lorsque Strijbos s’est blessé, il m’a à nouveau sollicité et à un moment, il a été effectivement question que je roule. J’en ai parlé avec plusieurs personnes qui m’ont déconseillé de le faire. Je pense que c’était la bonne décision de pas y participer.
Tu as battu les Américains l’année dernière. En 2007, les euros ont été dominés. Comment analyses-tu ça ?
Les Européens ont souffert de la chaleur. Nous savons que Villipoto et Carmichael sont très difficiles à battre. Pour Ferry, c’est différent. Dans un bon jour, les meilleurs pilotes européens peuvent être devant. Le résultat brut peut paraître dramatique pour les pilotes européens mais en incluant Stewart, il n’y a que trois pilotes US qui peuvent les dominer autant. Les autres Américains ne sont pas plus fort que les meilleurs Européens. Townley a prouvé qu’il pouvait concurrencer Villopoto.
Le niveau en Europe a baissé depuis ton départ ?
Je ne pense pas. Cairoli et Pourcel sont capables d’aller très vite sur certaines courses. Nous n’avons pas vu du grand Cairoli aux Nations. Il n’était pas dans un bon jour comme ça a pu m’arriver à Ernée en 2005. Il n’aurait peut-être pas battu Villopoto s’il avait roulé à 100%, mais l’écart qu’il y a eu n’est pas forcément représentatif de la réalité.
Pourquoi les Américains ont-ils été si fort ?
Grâce au supercross, les Américains sont très agressifs. Dès les premiers tours des essais, ils étaient à bloc alors que les Européens prenaient le temps d’apprendre la piste. Dans les sauts, les Américains ont plus de technique. C'est normal, ils passent la moitié de l’année en supercross à ne faire que ça. Leurs motos semblent beaucoup plus puissantes à bas-régime.
Sur un autre circuit, la différence aurait été moins importante?
Ricky et Ryan auraient été devant quel que soit le circuit. Ils font ce qu’ils veulent où ils veulent. Sur un circuit typique comme Lommel, la différence aurait été moins importante car pour Ferry, ça aurait été une autre histoire.
Comment analyses-tu la course de l’équipe Belge ?
Ils ne m’ont pas impressionné. De Dycker termine deuxième d’une manche très loin de Villipoto et Ramon m’a avoué qu’il était très fatigué. Il aurait dû prendre la deuxième place.
As-tu observé la course des Français ? Qu’en penses-tu ?
Les meilleurs Français n’étaient pas dans l’équipe. Finir deuxième avec Renet, Aubin et Pourcel, c’est une belle performance. Sébastien Pourcel m’a un peu déçu. Je m’attendais à mieux de sa part. Il m’a beaucoup plus impressionné cette saison sur certains GP.
Propos recueillis par Laurent Reviron