Trey Canard : Oh oui, c'est comme ça tous les jours !
Qu'est ce que tu fais au quotidien ?
Je me lève, je prends mon petit déjeuner, je vais à la gym, je prends un petit repas et je vais rouler. Après l'entraînement, je retourne à la salle.
Est-ce que la routine te sature ?
Non pas du tout. C'est comme un boulot. Et tant que tu vois que ça marche en course, ce n'est pas si pénible que cela. En plus mon entraîneur Greg Direnzo essaie de varier mon entraînement pour que ce soit le plus fun possible.
Est-ce que tu roules tous les jours ?
Oui. La dernière fois je n'ai roulé que 15 minutes. J'ai fait une première session et dans la seconde session je suis rentré au bout de 6 tours. j'ai eu un petit problème avec le moteur.
Le championnat côte Est a eu un petit break de trois semaines, est-ce que tu en as profité pour prendre un peu l'air ?
Tu sais, on ne fait jamais vraiment de break. J'ai juste fait un petit tour à Minneapolis pour me reposer. C'était dur de ne pas monter sur la moto mais j'en avais besoin. Cela dit, je suis au top de ma forme et je suis prêt pour les prochaines courses.
L'année dernier, on t'a vu sur les courses. Tu étais avec le team pour observer comment se sont déroulées les choses avant de te lancer dans ta carrière pro. Comment tu t'es senti quand le temps est venu pour toi de participer à ton premier supercross?
Tu sais, c'est assez surprenant mais je n'étais pas vraiment nerveux. La semaine précédente, je m'attendais à être une boule de nerf, mais je pensais à ce premier supercross depuis mon plus jeune âge. Quand ce jour est arrivé, c'était comme un rève qui devenait réalité. C'était une des plus belles expériences de ma vie. Regarder la cérémonie d'ouverture du milieux du stadium et gagner la course, c'est irréel !
JE ME SUIS VRAIMENT RENDU COMPTE QUE J'AVAIS GAGNÉ
LE MERCREDI SUIVANT...
LE MERCREDI SUIVANT...
A partir du tombé de grille, de quoi te souviens tu de cette course au Georgia Dome ?
je ne me rappelle pas grand chose de cette course. Tout était un peu flou. C'est à partir du cinquième tours que je me suis rendu compte que j'étais en tête! Et je me suis vraiment rendu compte que j'avais gagné la course le mercredi suivant ! En fait, sur ce week-end, j'ai vraiment tout fait comme à l'entraînement. Pendant la finale, j'ai simplement fait les 15 tours que j'étais supposé faire.
Ce fut certainement une nuit spéciale pour toi et ta famille...
Oh oui ! mon petit frère n'est pas venu, mais mon grand frère et ma mère étaient là. Voir tout le travail que j'ai fait depuis tant d'années payer, c'est juste indescriptible. Il n'y a pas de mot pour ça...
Comment tu t'es senti à Indiannapolis, en tant que leader du championnat ?
Après Atlanta, je me suis assis et j'ai essayé d'oublier cette nuit. Je voulais me concentrer à fond sur Indianapolis. C'était assez difficile parce que toute la semaine je n'ai pas arrêté d'entendre "bien joué, beau boulot"... et mon téléphone n'arrêtait pas de sonner. Ce n'était pas facile mais j'ai essayé de simplement bien manger, aller à la gym et rouler à l'entraînement. J'avais déjà donné le maximum pour gagner à Atlanta, je savais qu'à Indy ça allait être encore plus dur parce que tout le monde aurait les yeux braqués sur moi. J'ai du me battre pour gagner cette épreuve. Villopoto m'a rattrapé, mais il est tombé. Cela fait parti de la course...
Qu'est ce que ça t'a fait de gagner à nouveau ?
C'était encore mieux que la première fois !
Okay. Après, il y a eu Daytona. Qu'est ce qui t'es passé par la tête quand tu t'es mis derrière la grille pour la finale?
Avant de partir, j'enlevais l'eau qu'il y avait dans mes bottes ! L'eau était plus haute que les bas de fourche. Je me sentais bien et je savais que j'allais m'amuser. Il fallait prendre un bon départ pour avoir une bonne vision. C'est comme ça que j'ai abordé la course. C'était la course la plus folle ! Gagner deux courses c'est super, mais gagner Daytona, c'est énorme ! C'était comme si je pouvais tout faire, alors j'ai tout fait!
C'est une façon de voir les choses...Après il y a eu Minneapolis...
Minneapolis n'était pas un bon week end. Je ne suis pas vraiment bien parti et j'ai fini sur une mauvaise note. Lors de premiers essais, j'ai tenté quelques trucs techniques mais je ne me sentais pas vraiment à l'aise sur la moto. Les choses deviennent moches quand la moto marche mal à l'appel du triple ! A la suite de cela, je me suis fait mal à la cheville. J'ai pris un bon départ en finale mais je n'ai pas très bien roulé. J'étais troisième et j'ai fait quelques erreurs alors je suis passé quatrième. Ce n'est pas si mal, je n'ai pas vraiment à me plaindre.
Après ce succès immédiat pour ta première saison de supercross, est ce que tu as le sentiment d'être une personne différente ?
Pas du tout. Je suis le même qu'il y a trois ans. je n'ai pas changé du tout. Tu sais, beaucoup de personnes ont gagné trois courses et je n'ai pas encore battu le record de Carmichael, ni le record de personne d'ailleurs. Je ne suis pas le meilleur. Je vais juste donner le meilleur de moi-même et peut être qu'un jour, je me réveillerai et je serai le meilleur.
TU NE PEUX PAS MONTER LES MARCHES PAR 6. TU LES PRENDS
UNE PAR UNE, C'EST MA PHILOSOPHIE.
UNE PAR UNE, C'EST MA PHILOSOPHIE.
Il reste trois courses avant la fin du championnat. Quelle va être ta stratégie ? Tu vas jouer la sécurité ?
Ma stratégie, c'est qu'au Texas, il va y avoir une autre course. Je vais juste me concentrer pour Dallas et je ne vais rien faire de stupide. Je suis un pilote, je ferais ma course. Je vais simplement éviter les situations stupides pour être au top ce jour-là.
Est-ce que tu commences à penser que tu peux gagner le championnat?
Tout le monde veux gagner le championnat. Mais gagner le championnat pour moi est réalisable. Le championnat n'est pas fini et je me considèrerai champion que lorsque j'aurais passé le dernier drapeau à damier. En attendant je vais donner tout ce que j'ai.
Est ce que tu as parlé un peu avec Ryan Villopoto ?
Non , on ne parle pas beaucoup ensemble. On fait juste la course l'un contre l'autre alors j'imagine qu'on a pas grand chose à se dire. On est pas amis, ni ennemis. On fait juste notre boulot.
Est-ce que tu as déjà commencé à penser à l'ouverture de l'outdoor?
Je suis concentré sur Dallas. Quand tu montes un escalier, tu ne peux pas monter les marches par 6. Tu les prends une par une, c'est ma philosophie.
Propos Recueillis par Eric Johnson, adaptation Jordan Labbé.
